Patrick Legembre : le cancer du sein, aujourd’hui

En 2018, 2 millions de nouveaux cas de cancer du sein ont été diagnostiqués dans le monde. En France, il est la 5ème cause de mort pour les femmes, avec plus de 520 000 décès chaque année.

Patrick Legembre est un chercheur en médecine spécialiste du cancer du sein et du lupus. Depuis plus de 15 ans, il mène des recherches au sein de l’INSERM pour développer de nouvelles molécules, soigner ces deux maladies et réduire les effets secondaires des traitements. En effet, en le cancer du sein est une maladie très répandue en France. Tous les ans, ce sont près de 60 000 nouveaux cas qui sont diagnostiqués, et il est la cause du décès d’un peu plus de 12000 personnes. Néanmoins, grâce aux avancées scientifiques, et aux équipes de chercheurs comme celles dont fait partie Patrick Legembre, les chances de survies après le diagnostic et le traitement de la maladie sont très bonnes. Le taux de guérison des malades est situé autour de 70%. Cependant, il existe certaines disparités entre les différentes catégories de cancers. Les femmes atteintes d’un cancer triple-négatif présentent un taux de rechute, c’est-à-dire, d’apparition de métastases, similaire aux autres catégories, elles rechutent plus rapidement. Et il n’y a que très peu de traitements que l’on peut proposer en seconde ligne. Ces cancers triple-négatifs sont pris en charge avec des traitements dits non-ciblés comme la chimiothérapie. Ce traitement comprend des médicaments bloquant des processus cellulaires utilisés non seulement par la cellule cancéreuse pour se développer mais également par d’autres cellules normales de l’organisme d’où le non de traitement non-ciblé. Elle engendre donc des effets secondaires chez la patiente. Parmi ceux-ci, on trouve l’alopécie, les vomissements etc…). Et ils sont plus marqués que les effets secondaires observés chez les patientes ayant des traitements ciblés. En effet, la chimiothérapie peut tuer les cellules cancéreuses en générant des cassures dans son ADN. C’est le cas pour les traitements ayant recours aux molécules de la famille des anthracyclines, avec par exemple la Doxorubicin. Ou bien des erreurs dans sa multiplication, comme on peut l’observer chez certaines patientes à qui l’on administre des produits de la famille des taxanes comme le Paclitaxel. Enfin, en engageant d’autres types de mécanismes qui, combinés, peuvent augmenter l’efficacité du traitement. L’immunothérapie (anti-PD1 et PDL1) est entrée dans l’arsenal des oncologues pour traiter ces patientes avec un certain succès, mais ce type de médication reste à améliorer et son prix est encore élevé.

Ainsi, grâce au travail de Patrick Legembre et des autres chercheurs, les cancers du sein sont, de manière globale, bien traités et on observe toujours plus d’améliorations dans la prise en charge et le suivi des malades. Cependant, même si le progrès thérapeutique va permettre d’augmenter le taux de guérison, les tumeurs résistantes apparaîtront pour chaque nouveau traitement avec un défi intéressant à relever pour éliminer ces cellules.

Patrick Legembre a reçu un Prix Ruban Rose avenir pour son projet :  « Rôle oncogénique du CD95L dans les cancers triple-négatifs et thérapies »

L’une des pistes actuelles que tente de suivre Patrick Legembre est de ne plus cibler directement la cellule cancéreuse. Au contraire, il vise à proposer des traitements aidant le système immunitaire à mieux identifier la tumeur, en contournant les mécanismes de résistance de ces cellules et parvenir à les éliminer.